Quelques pas dans un chantier médiéval…

Je parie que tu aimes les histoires de chevaliers et de châteaux forts ?

J’ai récemment visité le chantier de Guédelon, dans l’Yonne, en Bourgogne. On y construit, depuis 1997, un château fort avec les techniques du 13ème siècle. Un comité scientifique composé d’une équipe d’historiens, archéologues, architectes et castellologues (experts en châteaux, du latin castellum) étudie les techniques anciennes en prenant comme exemples les châteaux existants et en analysant  les textes médiévaux. Une grosse partie du travail relève de l’expérimentation, parce que les sources bibliographiques (les livres) ne reportent pas toujours, ou pas de façon précise, les techniques utilisées à l’époque.

Je te propose un reportage en photo du château en construction. Je te conseille vraiment la visite de ce lieu remarquable et un peu magique, qui fait partir notre imagination en direction du passé.

Le chantier
Une ancienne carrière de grès au milieu de la forêt de Guédelon était le lieu idéal pour mettre en place cet énorme chantier médiéval de construction d’un château fort. Le sol est riche en terre sableuse, utilisée dans la composition du mortier, la « colle » qui permet de sceller les pierres entre elles. Pour fabriquer ce matériau, on mélange sable, eau et chaux (fabriquée sur place).

Fabrication de la chaux (à partir de calcaire placé dans un four)

La terre argileuse, également présente, est utilisée pour fabriquer les tuiles et les carreaux de pavement pour le château. On trouve aussi, sur place, des pigments comme l’ocre et l’hématite. D’autres matières premières, comme l’eau et le bois se trouvent, ici, en abondance.

Il ne reste plus qu’à exploiter la force animale et humaine. Heureusement pour les travailleurs, les horaires et le conditions de travail sont celles d’aujourd’hui !

La cage à écureuil (une grue). Les hommes rentrent et marchent à l’intérieur pour soulever un poids avec un système de poulies

Détails de techniques de construction

Le château fort

Voyons quelques parties du château.
La tour de la chapelle (vue depuis la carrière)

La tour maîtresse

Le chemin de ronde, avec les créneaux et les merlons (vu de l’intérieur du château)

Le logis seigneurial (vu de l’intérieur du château)

Le salon
Un couloir
La décoration
Les toilettes au Moyen-âge

Le village

Autour du château un petit village, où se trouvent les artisans, a été construit . Nous avons :
Les tuiliers

Les forgerons
Les tailleurs de pierre

Les bûcherons

L’atelier des couleurs

Herbes pour teindre les tissus
Laine de mouton filée et teinte à Guédelon
Pigments minéraux pour les peintures murales

Le talmelier (nom du boulanger au Moyen Âge)

Voilà, j’espère que ce petit aperçu t’aura intéressé et que cela te donnera envie de découvrir toi aussi ce lieu fantastique qui permet de plonger dans l’histoire et les techniques de construction au Moyen-Age.

Un reportage (texte et photos) signé Ludmilla (du blog Ludmilla Science).                               Vous pouvez également la retrouver sur Twitter

Qu’est-ce que la programmation ?

Si tu lis ces lignes, c’est que tu sais déjà ce qu’est un ordinateur. En tout cas, tu sais à quoi ça sert, et à quoi ça ressemble. Ici, maintenant, nous allons expliquer comment fonctionne un ordinateur ainsi que les principes de la programmation.

Cette machine contient tout un tas de composants électroniques et aussi quelques composants mécaniques, des ventilateurs, par exemple, pour refroidir l’ensemble.

Tu sauras très bien retrouver l’écran, la souris (ou trackpad) et le clavier.

Tu connais sûrement moins les autres : il est de moins en moins facile d’ouvrir un ordinateur pour voir ce qu’il y a dedans. Pourtant, même si toutes les machines ne ressemblent pas exactement au schéma ci-dessus, toutes contiennent les composants indiqués.

Notamment, la carte mère est composée
– d’un microprocesseur qui exécute ce que tu lui demandes
– d’une mémoire vive utilisée par les programmes lors de leurs exécutions,
– de plusieurs « cartes », composants électroniques chargés d’une tâche spécifique. La carte graphique gère les affichages écran, la carte réseau l’accès à Internet, quant à la carte son, c’est pour le son, bien sûr !,
– et d’un disque dur qui stocke les données sur le long terme.

Tu pourras avoir plusieurs disques durs, c’est plus sûr de sauvegarder ce qu’il y a sur l’ordinateur en deux endroits différents. En effet, les disques durs n’ont pas une durée de vie éternelle même si elle est de 3 à 4 ans en général.

« Le microprocesseur exécute ce que tu lui demandes … »
Ah mais c’est génial, tu penses ! Pourtant, tu n’as jamais vu un ordinateur te préparer ton goûter ….
En fait, il ne fera que ce pour quoi il a été programmé. Mais parce qu’on les programme à faire de plus en plus de choses, certaines personnes pensent que bientôt les ordinateurs pourront faire autant de choses que les humains. C’est pourquoi nous allons nous attarder ici sur ce que veut dire « programmer », tu réaliseras par toi-même que ces personnes parlent plus de science-fiction que de réalité.

 

La programmation informatique qu’est-ce que c’est ?

Différentes étapes de développement d’un logiciel.

 

Qu’est-ce que programmer un ordinateur veut dire ?

Un programme est une liste d’instructions écrites pour résoudre un problème, ou pour effectuer une action.
Par exemple, quand tu démarres l’ordinateur, un programme nommé système d’exploitation commence. Il permet de gérer l’affichage, et l’exécution des autres programmes.
Ensuite si tu veux aller lire une page de Kidisciences sur Internet, il te faut ouvrir un programme de navigation, qui va gérer l’accès au site de Kidisciences ainsi que l’affichage du site. Il va communiquer avec la carte réseau et la carte graphique. Il en existe plusieurs : Firefox, Safari, etc.
Aussi, lorsque tu voudras regarder la vidéo à la fin de l’article, un programme de traitement d’images et de son sera exécuté.
Les programmes sont donc surtout utilisés pour gérer des informations,  les transférer, en général d’Internet vers ton écran, les transformer et au besoin les stocker.

Le terme de programmation est apparu avant que les premiers ordinateurs ne voient le jour, grâce à de célèbres théoriciens de l’informatique, Ada Lovelace (1815-1852), Charles Babbage (1791-1871) et Alan Turing (1912-1954) (plus de renseignements en bas de l’article avec des liens vers des vidéos et des autres articles). Les ordinateurs ont, en fait, été créés pour exécuter les programmes. Mieux et plus vite.

Une partie de la Machine analytique de Charles Babbage et Ada Lovelace – ancêtre de l’ordinateur. Science Museum London

Oui, ils sont beaucoup plus rapides que nous et ne sont pas enclins aux erreurs de calcul (même les adultes font des erreurs de calcul).

Mais pour concevoir un logiciel, il ne faut pas que savoir programmer. En effet, un logiciel doit être attractif, facile à utiliser et aussi facile à améliorer et à adapter à d’autres fonctions ou à de nouvelles machines. Il y a donc un gros travail de design de logiciel, non seulement sur l’aspect visuel mais aussi sur tous les programmes à écrire :
Comment décomposer en plusieurs “sous-programmes” ?
Quels programmes pour quelles fonctions ?
Quels tests faire pour être sûr que ça ne va pas planter ?
Quelles données sont nécessaires ?
Peuvent -elles être accessibles par l’utilisateur ou doivent-elles être cachées ?
Il s’agit de génie logiciel : cela commence par l’analyse des différentes fonctions et nécessités, puis se continue avec les choix techniques pour enfin se terminer avec la programmation.

Plutôt que programmer, on dit parfois coder parce que la programmation consiste à traduire des actions dans un langage compris par l’ordinateur pour qu’il puisse les exécuter.

 

Un langage de programmation qu’est ce que c’est ?

Avec les ordinateurs, puissantes machines de calcul, apparaît un autre élément : le langage de programmation. Il s’agit de mots, d’un vocabulaire et d’une grammaire avec lequel le programme est écrit.
Les machines n’étant, comme tu l’as vu, que des composants électroniques, elles ne comprennent pas notre langue, on doit donc tout leur traduire.
Une instruction d’un programme en langage assembleur, un des plus anciens langage, ressemble à cela :

movb 61,%al

Il s’agit d’une seule ligne d’un programme qui permet de faire des additions.
Ce langage est proche de la machine car il faut décomposer toutes les actions en opérations très simples, élémentaires, qui indiquent au processeur exactement ce qu’il faut faire. Par exemple, cette ligne de programmation signifie qu’il faut stocker 61 à l’endroit nommé « al ».
Tu peux imaginer que les lignes suivantes permettent de stoker le deuxième nombre, d’additionner ces deux valeurs et de stocker le résultat de l’addition à un endroit différent.
Oui, oui, ce langage est très technique, mais il permet de contrôler au maximum l’exécution des calculs de la machine !

L’assembleur, c’est bien pour ceux qui savent comment l’ordinateur est construit, ils peuvent alors exploiter cela au mieux pour écrire des programmes plus efficaces et rapides. Mais en général, ce langage est assez compliqué à lire. Et une des premières règles de programmation à respecter, c’est qu’il faut pouvoir relire et comprendre un programme que l’on a soi-même écrit il y a quelques mois, ou quelques années !
Alors on a créé d’autres langages pour pouvoir écrire des programmes compliqués sans se perdre. On a ainsi séparé le programme source, écrit et compris par les hommes, du programme binaire qui est le programme source traduit automatiquement pour l’ordinateur. Oui, un programme est chargé de traduire le programme source et de gérer la mémoire et toutes ces choses ennuyeuses ou difficiles à connaître pour les non experts de l’architecture de la machine.

Mais cela est une longue histoire : une centaine de langages a été créée, chacun avec ses particularités… : https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_de_langages_de_programmation

Pff, c’est compliqué…

Non, cela paraît compliqué mais c’est très simple : un programme est une suite d’instructions à suivre afin par exemple d’ouvrir une vidéo sur Internet.

Un langage de programmation permet de communiquer avec l’ordinateur pour qu’il exécute le programme efficacement. Le même programme peut être écrit dans des langages de programmation différents, mais certains langages facilitent certaines actions ou permettent de mieux gérer des structures de données compliquées.

 

L’informatique = des disciplines

Nous avons abordé quelques-unes des disciplines informatiques :
– l’architecture, qui s’intéresse aux composants électroniques de l’ordinateur,
– les réseaux qui gèrent les connexions externes entre ordinateurs, en particulier la transmission efficace et la sécurité,
– le développement de logiciel, qui est le développement de programmes aboutis, complexes mais utilisables par tous.

Il est aussi important de se souvenir que toutes ces disciplines sont liées. Et comme on ne trouve pas des experts en tout, il faut travailler en équipe !

 

Le bonus de la fin !

Avant de finir, pour te remercier d’avoir lu jusqu’au bout : une vidéo !

Scilabus (qui fait des supers vidéos Youtube sur https://www.youtube.com/user/scilabus) raconte la vie d’Ada Lovelace en Lego. Ada est une des premières théoriciennes de l’informatique. Une des premières à avoir parlé de programme avant même que l’ordinateur n’existe. Quand on pense informatique et programmation, on s’imagine souvent un homme enfermé dans une chambre avec un écran montrant des messages obscurs et verts. Pourtant, les femmes sont autant capables que les hommes de programmer.

L’animation en Lego a été faite par Marc-Andre Caron.

 

Pour aller plus loin, un joli article de Lê / Science4All nous parlant de l’histoire d’Alan Turing  :  http://kidiscience.cafe-sciences.org/articles/cryptographes-heros-dans-lombre/

et un article de Ludmilla Science sur les robots :  http://kidiscience.cafe-sciences.org/articles/quest-ce-quun-robot-vraiment/

Auteur : Emilie/Sense the Science

Vous aimez les patates ?

Comment ça ? Tu n’as pas la patate aujourd’hui ? Bon, ça tombe bien, on va faire le point sur la pomme de terre, une culture importante en France.

Qu’est-ce que la pomme de terre ?
La pomme de terre, originaire des Andes, est un tubercule, c’est-à-dire l’organe de réserve souterrain de la plante qui permet à la fois d’assurer :
– la survie de la plante : c’est une réserve d’amidon pour l’hiver ou la sécheresse,
– la multiplication végétative (la plante se reproduit sans croisement : sa tige ou ses racines s’allongent, gagnent du terrain et bourgeonnent).

La plante porte le nom de Solanum tuberosum de la famille des solanacées (comme la tomate, aubergine et piment).

Le tubercule, c’est à dire, la pomme de terre que tu vas déguster se forme à la suite de la modification des tiges souterraines et ce, juste à la base des tiges aériennes. On en trouve de différentes formes selon la variété.

En plus de sa reproduction végétative, la plante est aussi capable de passer par la voie sexuée : elle donne de jolies fleurs blanches. Il en résulte, par autopollinisation, l’apparition de fruits tout ronds (des baies) comme des petites tomates, qui ne sont pas comestibles car chargés de poisons.

Les membres de la famille des solanacées contiennent effectivement une quantité toxique de solanine. Mais rassurons-nous, le tubercule que nous apprécions tant, n’en contient pas… sauf les germes ET les fameuses tâches vertes qui apparaissent parfois … car disons-le tout court : les pommes de terre produisent naturellement cette toxine, la solanine. C’est un mécanisme de défense contre insectes et herbivores.

Les tâches vertes, signe de présence d’une toxine

La solanine apparaît dans le tubercule en cas de stress lorsqu’il est soumis à la lumière ce qui peut se produire lorsque la pomme de terre en cours de développement n’est pas couverte pas la terre (la butte n’est pas suffisamment haute) ou en cas de problème lors du stockage (mauvaise ventilation).
Alors que se passe-t-il exactement ? Au niveau de la peau, la lumière active des processus conduisant à l’apparition de chlorophylle (d’où la tâche verte) : en soit celle-ci n’est pas dangereuse. Mais parallèlement à la production de chlorophylle, d’autres mécanismes de défense se sont mis en place avec comme résultat la fabrication de solanine.
Ingérée par l’homme, cette toxine peut amener diarrhées et vomissements, mais tout dépend de la quantité. Et d’ailleurs le goût de la pomme de terre est altéré ce qui limite la consommation.

Les contraintes et les outils de l’agriculture

Détaillons un peu les différentes étapes de la culture de ces pommes de terre.

Tout démarre en décembre de l’année précédente où un labour particulier permet d’ameublir grossièrement le sol en profondeur et favorise également la restructuration du sol par le gel hivernal (l’action du gel émiette le sol).

Au printemps suivant, une machine qui combine la reprise de terre et le billonnage* permet d’ameublir en profondeur (une terre fine favorise le développement régulier des tubercules).

Le champ est prêt : les billons sont en place.

*Le billonnage, comme son nom l’indique, permet de mettre la terre sous forme de petits mottes en bandes séparées par des sillons.

Vient ensuite la plantation entre fin mars et fin avril : le moment idéal est un compromis à trouver entre une date suffisamment précoce pour assurer le développement mais assez tardive pour un réchauffement du sol favorisant la levée rapide des plants.

La période autour de juin est importante car la pousse est très active : la tubérisation bat son plein (surtout si cette période combine chaleur et humidité).

En juillet, les plants sont en fleurs : l’exploitant surveille la bonne santé des plans et la croissance des tubercules (prélèvements réguliers). La surveillance consiste par exemple à repérer les attaques des nuisibles (virus ou bactéries) et à enlever les pieds dégénérés à cause d’un virus transporté par les pucerons.

Nous sommes au mois d’août, les surveillances régulièrement se poursuivent. A partir de la fin du mois, il faut penser à la récolte.

La fin de la culture, la récolte et le stockage

La date de la récolte est évidemment conditionnée par la formation complète selon le calibre cible. Pour vérifier, l’agriculteur procède régulièrement à un échantillonnage régulier et compare par rapport à des calibres de poche, comportant différentes mailles carrées.

Lorsque la taille est correcte, il faut stopper le développement assez rapidement. Sur l’espace de quelques jours, il faut procéder au défanage qui consiste à détruire les tiges et les feuilles : les tubercules stoppent alors leur croissance.
Deux options sont possibles, selon la météo :
– le défanage mécanique, avec une machine qui broie les tiges (possible uniquement par temps sec),
– le défanage chimique où l’ajout d’un défanant provoque le dessèchement des tiges (par temps humide).

Le défanage permet aussi de faciliter la récolte par l’arracheuse, cette étape qui va suivre dans les 2 à 3 semaines. Ce délai de quelques semaines en sol permet à la peau de la pomme de terre de gagner en maturité ce qui réduira les risques d’endommagement lors de l’arrachage.

Le choix de la date d’arrachage est fixé par les conditions météo de façon à ce que la terre soit suffisamment souple, ni trop sèche, ni trop humide (sinon la séparation terre/tubercule se fait mal).
En général, la récolte des pommes de terre à plants se situe début septembre. Pour les pommes de terre de consommation, la récolte arrive un peu plus tard (vers le 15-20 septembre).

La conduite de la machine (arracheuse) doit respecter un certain nombre de précautions afin :
– d’assurer une récolte la plus complète possible,
– d’éviter d’endommager les tubercules.

Pour satisfaire ces deux contraintes, d’une part le soc passe entièrement sous la motte de terre et emmène tous les tubercules et d’autre part, il faut respecter une certaine vitesse d’avancée de la machine en bonne coordination avec la vitesse de rotation des chaînes de récolte.

Pour éviter d’endommager les pommes de terre, toutes les zones de chute comportent des protections d’amortissement et les hauteurs de chute sont contrôlées (<1 m). Une petite vidéo pour terminer … filmé par Drone.

Après la récolte, le stockage à température (4°C) et ventilation (pour sécher) contrôlées avant la vente sont nécessaires pour empêcher la dégradation des tubercules.

Auteur : Pascale Baugé. Article original et plus complet sur Le Monde et Nous.

Qu’est-ce un robot, vraiment ?

Tout le monde aime bien les robots, n’est-ce pas ? Surtout si on pense aux sympathiques robots des films comme Wall-E ou le Géant de fer. Ou encore aux petits robots humanoïdes qu’on a parfois l’occasion de voir dans la vie réelle, comme Pepper ou Nao. Mais qu’est-ce vraiment un robot ?

Le robot Nao
Nao. Photo de Annalisa Plaitano

Voyons d’abord ce qu’un robot n’est pas.

Un robot n’est pas un automate, comme celui du film Hugo Cabret, inspiré par les premiers automates du XVIII siècle. Complètement mécanique, il devait être remonté à chaque fois pour effectuer toujours la même action, par exemple écrire une phrase (pour l’époque c’était quand même une prouesse technique !).

Automates-Jaquet-Droz-
Les automates Jaquet-Droz, musée d’Art et d’Histoire de Neuchâtel

Un robot n’est pas une machine comme le lave-linge, qui possède aussi une partie électronique mais qui est programmé pour accomplir seulement quelques tâches, toujours les mêmes, en appuyant sur un bouton.

Un robot est capable de répondre à l’environnement extérieur (à un son, à une lumière, etc.) et possède aussi une partie informatique, qui permet de le programmer pour qu’il donne une réponse adéquate. Mais alors, selon cette définition, une porte automatique avec un détecteur de présence est un robot ? Eh bien oui, c’est un petit robot simple, même s’il n’a pas une forme humanoïde.

Comment est fait un robot ? Quelles sont ses composantes ?

Des pièces mécaniques composent son « corps » et soutiennent les parties électroniques et informatiques.

Les pièces électroniques sont :

  • les capteurs, qui reçoivent les signaux extérieurs (sons, lumières, toucher, température, etc.)
  • les actionneurs : moteurs, émetteurs de son, etc.

Les parties informatiques sont :

  • le processeur ou puce (comme celle de ton téléphone)
  • le logiciel pour la programmation

À tout ça, il faut rajouter une alimentation électrique (batterie).

Donc, tu l’auras compris, un robot n’est pas un objet “presque-vivant” qui agit tout seul de sa propre initiative, mais il faut qu’il soit programmé par l’homme pour accomplir des actions précises en réponse à une stimulation.

Dessin : Mirko con la K et Ludmilla

Par exemple le robot Pepper, qui accueille les visiteurs à l’entrée de la Cité des Sciences à Paris, est programmé pour répondre aux questions sur les expositions, les activités et les lieux de ce musée. J’ai essayé de lui demander : “Comment vas-tu ?” mais il a dû mal comprendre… il m’a répondu “Les toilettes sont au fond du couloir à gauche” !

Texte de Ludmilla du blog Ludmilla Science.

Pour en savoir plus, notamment sur les robots utilisés à l’école ou dans le cadre d’une animation scientifique, continuer la lecture ici.

Cap sur la station spatiale internationale !

Tu as sûrement entendu parler du voyage de l’astronaute Thomas Pesquet parti le 17 novembre dernier vers la station spatiale internationale. C’est le 10e français à voyager dans l’espace. Il est en train de vivre une expérience hors du commun dont nous avions envie de parler sur Kidiscience.

Aller dans l’espace fait partie des rêves de beaucoup de monde sur terre. En effet quand on lève le nez, on voit des planètes, des étoiles (surtout avec de bons instruments) mais bon… on reste quand même collé sur place !

Heureusement, il existe depuis longtemps (enfin depuis 1957 exactement) des programmes scientifiques qui ont permis de d’aller voir ce qu’il se passe là-haut (nous en avions parlé dans cet article). Les deux pays qui ont le plus participé à la conquête de l’espace sont la Russie (ex-URSS) et les Etats-Unis. Depuis quelques temps, l’Europe fait aussi partie de l’aventure.

Le plus loin que l’homme est allé dans l’espace est la Lune, qui se situe à 384 400 km ce qui a nécessité 4 jours de voyage (en 1969) !
La prochaine grande mission à laquelle tu pourras peut-être assister est la visite de Mars… Mais là, ce sera plutôt 6 mois de voyage pour l’aller simple étant donnée la distance à laquelle se trouve Mars (56 000 000 de kilomètres au plus court, donc environ 145 fois plus loin que la Lune !)

Pour l’instant intéressons-nous à la station spatiale sur laquelle notre astronaute* français Thomas Pesquet est en train de séjourner.

* En général on parle de cosmonautes pour des russes, d’astronautes pour des américains et de spationautes pour les français.

La Station Spatiale Internationale

Il s’agit du plus grand vaisseau spatial jamais construit et lancé en orbite en 1998 pour les premiers éléments.  Petit à petit, mission après mission, d’autres modules sont assemblés à la station (comme des légos, enfin c’est tout de même un peu plus compliqué !) pour finalement atteindre sa taille finale en 2011 : elle s’étend sur 110 m de longueur, 74 m de largeur et 30 m de hauteur.

Cette station habitable, où participent 16 nations, on l’appelle aussi ISS (car en anglais, on dit « International Space Station »). Elle tourne en permanence autour de la terre (on dit qu’elle orbite) à une distance de 400 km (ce qui représente la distance Paris-Strasbourg à vol d’oiseau).

On a l’impression que c’est une grande distance, mais on est encore si loin de la Lune !

Elle est donc constituée de différents modules de diverses origines (pour l’habitation, le stockage de matériel, les laboratoires, les compartiments d’arrimage), de sas de sortie, d’un bras-robot ainsi que de panneaux solaires grands comme des terrains de football pour produire l’électricité nécessaire à l’ISS. Elle accueille en permanence des astronautes qui, au sein des laboratoires de recherches, effectuent des tas d’expériences scientifiques. Elle tourne à la vitesse de 28 000 km/h, ce qui lui permet de faire le tour de la Terre en 1h30 (soit 16 fois le tour de la Terre par jour) ! Il n’y a pas de moteur, elle se trouve, tout comme la lune, en orbite.

On voit très bien la Terre de la-haut, d’ailleurs une coupole dans la station permet de la contempler. Les astronautes aiment beaucoup aller la regarder et prendre des photos, quand ils ont du temps libre.

La vie au sein de la station

A l’intérieur, les astronautes se trouvent en apesanteur. Tu te souviens sûrement de ce qu’est la gravité : c’est une force qui t’attire vers la Terre. Nous en avions parlé dans cet article. Imagine toi, lorsqu’un adulte te tient par la main… tu ne peux pas te déplacer partout là où tu le souhaites ! Mais lorsqu’il te lâche la main, youpi !!! Tu peux aller partout !


Bref, les astronautes ne ressentent plus aucune force qui les attire vers le bas, d’ailleurs il n’y a plus de bas ni de haut et il flottent…  La sensation est, paraît-il, très agréable mais nécessite quelques temps d’adaptation.

En effet, le corps va devoir gérer cette toute nouvelle configuration. Par exemple, le cœur n’aura plus besoin de faire autant d’efforts pour envoyer le sang au cerveau. Citons aussi le système de l’équilibre qui nous permet de tenir debout sur terre. Dans l’espace, il devient inutile, ce qui pose souvent des problèmes au début pour les astronautes : ils ressentent parfois des malaises et des nausées et les muscles des jambes sont peu sollicités (les astronautes vont devoir faire beaucoup d’exercices pour ne pas que leurs muscles s’atrophient !)

La préparation avant une mission spatiale : l’exemple de Thomas Pesquet

Partir vers l’espace nécessite de longs mois d’entraînement : il faut une forme physique exceptionnelle pour pouvoir supporter le décollage, la vie en apesanteur, le trajet retour etc.

Thomas Pesquet a suivi un entraînement intensif et une préparation qui a duré 7 ans avant d’être prêt à partir : de l’exercice physique régulier (course à pied etc.) mais aussi des entraînements en centrifugeuse (ce sont des sortes de manèges qui permettent de subir une gravité importante pour simuler le décollage : à ce moment-là un homme de 70 kg aura l’impression d’en peser plus de 200).
Il a aussi réalisé des expériences dans d’immenses piscines, équipé d’une combinaison lourde et encombrante pour essayer de s’entraîner aux conditions de sortie dans l’espace autour de la station.
Il a également mené une expérience d’une semaine enfermé dans une grotte avec quelques personnes. Cela lui a permis d’apprendre à supporter le stress du confinement et de développer son esprit d’équipe.

A côté de cet entraînement physique, il a du se former pour devenir un super technicien de l’espace et apprendre comment fonctionne la station et tous ses équipements.
Il a du apprendre à contrôler la petite capsule (le vaisseau SOYOUZ en tête de la fusée qui l’a emmené là-haut). Certes, tout le voyage s’effectue en pilotage automatique mais le pilotage manuel peut devenir nécessaire en cas de problème. Heureusement, il était pilote de ligne avant de devenir astronaute.

Thomas Pesquet, Peggy Whitson et Oleg Novitskiy saluent avant d’embarquer avant le décollage de la fusée.

Les missions sur place
Thomas Pesquet doit réaliser une cinquantaine d’expériences dans le domaine de la biologie et de la physique. Il va par exemple tester de l’appareillage médical, ou mener des tests permettant d’étudier la musculation et l’impact de l’apesanteur sur le vieillissement, les os, les compétences cognitives (les capacités à raisonner). Mais il est question aussi d’étudier le comportement de matériaux innovants (censés résister à la contamination bactérienne) ou le comportement des fluides sous faible gravité. Tout cela permettra de mieux préparer les futures explorations spatiales mais aussi de mieux comprendre certaines maladies sur Terre.
Enfin, il y aura également des missions de sortie en dehors de la station afin, par exemple d’installer des batteries au pied des panneaux solaires.

Si tu veux en savoir un peu plus, tu peux consulter le site du CNES (le Centre National d’Etudes Spatiales)

Rejoindre la station  :

Pour rejoindre la station, deux solutions sont envisageables :
– soit en utilisant une navette qui ressemble à un petit avion. Celle-ci est accrochée à une fusée qui va l’emmener loin de la Terre. Elle va ensuite se décrocher de la fusée pour se diriger jusqu’à la station et s’y arrimer.

– soit en se plaçant à la tête de fusées à 3 étages : ce sont les SOYOUZ (des vaisseaux spatiaux russes à 3 places utilisés depuis 1967 pour des vols habités) ! Les 3 étages, remplis de carburant, se décrochent petit à petit lorsqu’ils sont vides. Une fois en orbite, la fusée se place sur la même trajectoire que l’ISS et s’y accroche … Pas si simple que cela en à l’air puisque la manœuvre se fait à 28 000 km/h !

Depuis quelques années, la première solution a été abandonnée suite à l’accident de la navette Challenger qui a explosé en vol en 1986 (les 7 passagers sont morts).

Les premiers instants de la mission
Pour revivre les premiers instants de la mission de Thomas Pesquet et quelques explications complémentaires, nous retrouvons Valentine qui nous a préparé une vidéo très sympathique.

Texte : Valentine Bouet et Pascale Baugé (Le Monde et Nous)
Vidéo : Valentine (Science de Comptoir)
Illustrations : Xavier Prudent du blog C’est pourtant Clair