Quand ça craque (partie II)

Après toutes ces expériences amusantes ces jours derniers, terminons aujourd’hui notre présentation des craquements avec ceux de la maison, la nuit lorsque tout est calme !

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« Charpente Bois » par Alno — Travail personnel.

Alors, quelle est donc l’origine de ces craquements mystérieux ? Des intrus, un fantôme qui hante les murs ou y a-t-il une explication physique rationnelle du phénomène. Pour le fantôme, c’est ce que voudraient te faire croire les films d’épouvante mais tout est une histoire de matériau et de la température.
Lorsqu’il fait froid, les matériaux rétrécissent et lorsque la température est plus élevée, ils se dilatent.
Tu te souviens, nous avions déjà évoqué ce phénomène pour expliquer la création d’un nuage (relis l’article à ce sujet en suivant ce lien). Nous avions dit qu’à l’échelle microscopique la température était l’image de l’agitation dans la matière.

Ainsi, à haute température, les constituants s’agitent très vite dans tous les sens ce qui les conduit à occuper un espace plus grand. A basse température, le mouvement est beaucoup moins intense, et l’espace occupé est moindre.

L’un des matériaux utilisé dans la construction de maisons, est le bois. C’est un matériau assez résistant, constitué de fibres juxtaposées et poreux (c’est à dire qu’il contient des minuscules petits trous). Il possède de nombreux « défauts », comme les nœuds, des fissures ou des grains peu réguliers.

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Défauts dans le bois (fissures, nœuds…)

Sous l’effet d’une augmentation de température ou d’un refroidissement, le bois n’échappe pas à la règle et a tendance à modifier sa forme.

Dans le cas d’un matériau poreux, l’humidité joue également un rôle important dans le phénomène de dilatation et de rétrécissement. En se chargeant de l’humidité de l’air, des fibres de bois gonflent tandis que lorsque l’air environnant est sec, l’humidité sort des fibres et le bois rétrécit.

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Porosité du bois. Ici Black Locust (Auteur  » Duk »).
Source ICI

Bref, revenons à nos moutons. La nuit, les températures sont généralement beaucoup plus basses que le jour, notamment l’hiver. Lorsque l’écart de température jour/ nuit est grand et rapide, les matériaux qui constituent certains éléments de la maison (la charpente en bois par exemple) rétrécissent rapidement. Mais il arrive aussi que les différentes parties de ces éléments ne rétrécissent pas tous de la même façon : la raison en est que les éléments qui sont en contact avec l’extérieur dans la nuit froide (par exemple le haut de la charpente) vont se contracter, tandis que les éléments en contact avec l’intérieur douillet de la maison, ne vont pas trop bouger. Nous aurons donc à faire à des dilatations différentielles : une partie tire et une autre pousse… des pressions contraires (on dit aussi des contraintes s’établissent). Dans le cas du bois, elles sont particulièrement fortes là où se trouvent les défauts.
Lorsque les pressions deviennent trop grandes, les liaisons entre fibres du bois se rompent : c’est ce qui produit des craquements.

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Enfin, on peut ajouter que lorsque ces bruits se produisent dans un volume plutôt grand tel qu’un grenier : les bruits sont amplifiés. Brr ! Fantôme ou pas … de quoi ne pas dormir de toute la nuit, n’est-ce pas ?

Voilà  la semaine spéciale Halloween qui s’achève. J’espère que ça t’a plu.
Pour relire les précédents articles :

Texte : Pascale BAUGE – Le Monde et Nous
Illustrations : Stéphanie DUBUT – Stef Comics

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