La balade du chapeau chinois

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Je suppose que comme beaucoup d’enfants, tu aimes ramasser des coquillages, l’été sur les plages. Evidemment, selon l’endroit où tu te trouves, la récolte sera différente. Je suppose que tu connais celui qu’on surnomme « le chapeau chinois ». On l’appelle aussi « la patelle commune », « l’arapède » ou encore la « bernique », c’est un gastéropode marin !

Sais-tu que ce coquillage a un point commun avec le Petit Poucet : il s’installe sur un rocher, où il élit domicile mais lorsqu’il part en balade, il sème (non pas des petits cailloux) mais une trace visqueuse, qui lui permettra de rentrer au bercail sans encombre, exactement au même endroit que son point de départ sur le rocher.

Mais présentons un peu l’animal… qui a plus d’un tour dans son sac !

Comment se débrouille-t-il pour se nourrir ?
Ce mollusque est herbivore et se nourrit des microscopiques algues qui recouvrent les rochers. Il broute de façon très efficace en laissant traîner une sorte de langue râpeuse (la radula) qui racle la surface rocheuse (un organe présent chez la quasi totalité des mollusques).

Mais comment racler avec une simple langue ? Elle est en fait constituée de minuscules dents (à base de chitine, comme ce qui compose la carapace des crustacés) qui laissent peu de choses sur leur passage ! Quand on observe au microscope, la dite radula, on comprend aisément son efficacité…

Observation au microscope d’une radula couverte de minuscules dents.
Source

Mais ce n’est pas tout ! En effet, il s’avère que ces petites dents sont très riches en fer  au niveau des arêtes ce qui augmente leur capacité à « absorber » un choc.

Comment se déplace-t-il ?

Alors évidemment, pour aller brouter les algues de la roche, il faut pouvoir se mouvoir. Cependant, une grande particularité du chapeau chinois est qu’il retourne toujours au bercail… Comment fait-il ? Et pourquoi ne pas élire domicile en différents endroits ?

Pour retrouver son chemin, la patelle suit les traces de mucus qui ont été déposées lors de son déplacement.

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La fabrication de mucus demande cependant beaucoup d’effort à l’organisme. Tu te demandes sûrement pourquoi toute cette énergie dépensée simplement pour retrouver son chemin ?

Figure-toi que le bénéfice pour le gastéropode l’emporte sur le coût. Il s’avère que le mucus joue plusieurs rôles très utiles :
– il aide au déplacement proprement dit,
– il permet le retour à domicile,
– il permet de trouver un partenaire,
– il stimule la colonisation du rocher par les micro-algues,
– il possède des propriétés adhésives comme une glu.

Le rôle premier du mucus est de favoriser le déplacement. Tout simplement parce qu’il réduit le frottement entre l’animal et le sol rugueux.

En ce qui concerne le retour à domicile, il est primordial. En effet,  le bord de la coquille s’applique étroitement au rocher en épousant ses éventuelles irrégularités, car à marée basse, le mollusque survit en enfermant une petite quantité d’eau qui lui permettra de tenir (récupération de l’oxygène dissous) : il y a donc intérêt que l’association coquille-sol soit hermétique et étanche.
Bref, après une petit balade, il faut pouvoir s’enfermer de nouveau en toute sécurité et retrouver l’endroit exact où la coquille s’adapte parfaitement.

Une fois en place, c’est encore le mucus qui agit pour adhérer efficacement au rocher (effet « colle »)  : ceci vient renforcer l’adhérence due au phénomène physique lié à la création de vide.

Les traces de mucus sont également des sillons privilégiés pour l’adhésion de micro-algues en suspension dans l’environnement proche. Ainsi, en se déplaçant, la patelle laisse traîner un piège pour mieux se nourrir au retour.

Bref, une langue râpeuse, un mucus ultra perfectionné, voilà encore une espèce parfaitement adaptée à son environnement … Mais s’il en était autrement, l’espèce aurait disparu et on n’en parlerait même pas.

Alors ? Je suis sûre que tu ne regarderas plus jamais les chapeaux chinois de la même façon !

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Article original (avec quelques détails supplémentaires) ICI

Texte : Pascale BAUGE – Le Monde et Nous : http://lemondeetnous.cafe-sciences.org/
Illustrations : Stéphanie DUBUT – Stef Comics http://stefcomics.blogspot.fr/

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