Gènes de robes

les robes chevalines sont déterminées par des gènes. Tout un petit paquet de gènes dont les combinaisons permettront la production des pigments -ou leur absence. Vous voulez savoir comment ça marche ? Alors suivez le guide !

 

galop2-1-8Il existe deux versions d’un gène pour les couleurs de base : le gène E (pour « Extension », c’est le nom qu’on lui a donné) détermine la production d’Eumélanine, pigment responsable de la couleur noire, et le gène e, pour la phéomélanine, de couleur rousse, donnant l’alezan. E est dominant sur e, donc un cheval ayant les allèles (c’est à dire les versions d’un gène, qui comme vous le savez sûrement, sont présents par paire dans nos petites cellules) EE et Ee sera noir. Un alezan, pour être alezan, a forcément les allèles ee. Vous suivez ?

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Seulement, il existe un autre gène appelé « Agouti » qui existe en deux versions aussi : A dominant et a récessif. Lorsque le gène est dominant, il modifie la production des pigments en empêchant plus ou moins la fabrication de l’eumélanine noire. Du coup, un cheval ne peut être noir que s’il possède deux versions du gène Agouti récessives -et inactives (s’il est aa, donc). Ce n’est pas donné à tout le monde et c’est pourquoi les chevaux noirs sont assez rares -sauf races sélectionnées pour cela comme les Mérens ou les Frisons.

 

Donc un cheval ayant au moins un gène E et au moins un gène A ne sera ni noir, ni alezan, il sera bai, c’est à dire marron. Ainsi, avec un génotype A/a + E/E on est bai plutôt foncé, tandis qu’avec A/A + E/e on sera bai clair. Avec e/e on est forcément alezan mais avec a/a on n’est noir que s’il y a au moins un gène E. C’est simple, non ?

 

Ce n’est pas tout, car il existe des « gènes de dilution » qui vont atténuer la coloration de base. Ces gènes n’agissent qu’à l’état dominant, et leur effet est plus fort chez un cheval ayant deux allèles dominants -on dit qu’il est homozygote. Ainsi, avec un gène « gris » (G) dominant, vous aurez un cheval… gris. Ou plutôt, qui devient gris, car ce gène empêche la diffusion des pigments dans les poils entraînant une décoloration progressive :les chevaux camarguais par exemple, naissent colorés et finissent tout blancs. Deux allèles GG dominants donneront un cheval plus nettement « gris » qu’un seul.

 

Le gène « crème » (C) éclaircit les robes, donnant des chevaux « isabelle » (jaune et noir en fait, à condition d’avoir au moins un allèle a pour le gène agouti), ou Palomino, Cremello… Les teintes métalliques allant du brun clair au gris sont liées à la présence d’un gène « champagne » (Ch) et les mélanges détonnants de robe brune et de crinière claire, blanche ou blonde peuvent être dus au gène « silver » (Z).

 

le gène « Dun » (D) fait ressortir les caractères primitifs du cheval : pattes sombres et ventre clair, zébrures, raie sur le dos, crinière bicolore… Enfin, le gène « Blanc » (W) donne la couleur du cheval blanc d’Henri IV. Et là, un seul exemplaire de l’allèle dominant W suffit, car la présence de deux WW n’est pas compatible avec la vie (ce qui au passage montre que ces gènes ont bien d’autres fonctions que la couleur des poils)

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Ajoutez à cela d’autres gènes qui lorsqu’ils sont présents sous leur forme active rajoutent encore des nuances, des points ou des taches, et vous aurez l’éventail de la garde-robe chevaline. Ce que c’est beau la génétique !

 

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