comment domestiquer un cheval sauvage?

Imagine-toi, lecteur, arpentant les plaines du Caucase, il y a cinq ou six mille ans. À cette époque, le climat se radoucit nettement, les mammouths et les lions des cavernes ne sont plus que lointaines légendes racontées par quelques vieux chasseurs gâteux.

On voit, au contraire, de plus en plus de jeunes s’installer pour cultiver la terre ou élever des moutoprzewalskins, des bêtes assez moches importées du sud. Mais toi, tu es fier, et plutôt que t’abaisser à t’occuper de ces ovins laineux, tu décides de devenir le Maître des Chevaux. Rien que ça !

Il faut commencer par en capturer, des jeunes, si possible. Et là, bonjour ! C’est que ça court sacrément vite un cheval. Normal, c’est taillé pour ça. Ça va bien plus vite qu’une bique ! Il faut donc parvenir à en coincer quelques uns. Et si possible éviter l’étalon, car, s’il n’est pas aussi impressionnant que l’aurochs, il a des argument à faire valoir et tu risques ta vie à l’affronter. Mais heureusement, tu n’es pas tout seul, et vous êtes finalement parvenus à capturer deux poulains.

Bon, et maintenant ? Qu’est-ce qu’on en fait? On les engraisse et on les bouffe ? Vu le mal qu’on a eu à les avoir, ce serait bête. On en tire du lait ? Pour ça il faudrait faire revenir l’étalon qui est un fou furieux. Et puis le lait de chèvre, c’est pas mal. Alors quoi ? Et si on montait dessus ? Peut-être même qu’on y gagnerait de la noblesse de l’animal. Les hommes ont de tout temps été impressionnés par les chevaux, alors que dire d’un homme juché sur un cheval ? Le buz assuré !

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Voilà, peut-être ce que se sont dit, un jour, des habitants des plaines caucasiennes ou ukrainiennes, il y a sept mille ans.

 

 

 

 

 

Peinture d’un cheval, à Lascaux

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