Exposition temporaire du Paleospace

Ma contribution à l’exposition temporaire du Paleospace de Villers sur MerQui veut la peau des dinosaures.

Réalisation de l’affiche.
Croquis et études préparatoires.
©Alain Bénéteau
Illustration finale et détails.
©Alain Bénéteau
©Alain Bénéteau
©Alain Bénéteau
Et deux scènes pour illustrer quelques specimens exposés. Tenontosaurus et Deinonychus.
Croquis.
©Alain Bénéteau
Une scène classique pour ces deux protagonistes dont on ne compte plus les représentations en interaction. J’ai misé sur une belle dynamique tout en casant Sauropelta demandé dans le cahier des charges. L’image finale. Sauropelta devrait vous rappeler quelque chose. J’ai utilisé cette portion d’image pour l’illustration d’Antarctopelta présentée dans mon précédent billet sur l’Antarctique. Les deux animaux étaient relativement proches physiologiquement, en ajoutant une masse au bout de la queue ça convenait parfaitement. Eh oui, il faut parfois ruser et optimiser quand on vous demande des délais plus que limite.
©Alain Bénéteau
J’attache une grande importance à la dynamique du ciel dans la plupart de mes images. Pour cela, j’exploite le fruit de mes longues chasses aux nuages avec mon reflex. La nature a le secret de vous proposer des perspectives nuageuses difficiles à imaginer sans exploiter une bonne documentation. Je consacre beaucoup de temps à enrichir ma photothèque de toute sorte d’éléments directement exploitables en numérique. Et pour ça, on vit une époque formidable! Scène du Crétacé supérieur.
Premier croquis
©Alain Bénéteau
C’est le genre d’image infernale à composer. Pas moins de 4 espèces à faire cohabiter avec des contraintes de tailles. Là c’est comme à l’école pour la photo de classe, les petits devant et les grands derrière. On est alors obligé de sacrifier certaines parties de l’anatomie, de ruser sur la profondeur, et forcément on se retrouve avec tout qui se bouscule. Ce croquis n’est pas passé car il devait montrer Prosaurolophus en entier, c’est un specimen phare de l’expo.
Je décide alors de conserver l’action au premier plan, et de tout redistribuer à l’arrière avec plus d’espace. Les maiasauras seront au final des éléments colorés à l’arrière plan. Prosaurolophus sera au centre de la composition, et les petits garderont le premier rang pour ne pas devenir invisibles. Le tout en dégageant le maximum de circulation entre les animaux pour une lecture la moins bouchée possible.
L’image finale.
©Alain Bénéteau
Une image que je qualifierai de « zoo », où la diversité est concentrée au détriment de la composition. Bien souvent, c’est ce genre d’image qui m’est demandée, mais dans la cas du Paleospace, j’ai pu exploiter tous les cas de figure et ils m’ont fait confiance pour les scènes dynamiques.
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Dinosaures de l’Antarctique

Deux illustrations publiées dans le numero 415 de Pour la Science pour l’article L’Antarctique, terre promise des paléontologues de Sébastien Steyer et Diego Gerez.
Les Dinosaures du Gondwana, supercontinent formé il y a 550 millions d’années regroupait l’Afrique, l’Amérique du Sud, l’Australie, l’Inde, Madagascar, la Nouvelle Guinée, la péninsule Arabique, la Tasmanie et l’Antarctique.
Les découvertes paléontologiques faites sur la péninsule Antarctique et la Chaîne Transantarctique laissent imaginer les trésors enfouis sous la glace de ce continent clé pour la compréhension des échanges fauniques et la paléogéographie pendant de grandes périodes géologiques. Cryolophosaurus ellioti. Le plus gros prédateur connu de ce continent (jusqu’à 8 m) vivait au Jurassique et permet d’imaginer un environnement très productif et riche en proies. Sa fameuse crête osseuse devait sans doute servir à parader. Ici une illustration de deux mâles lutant pour leur territoire.
© Alain Bénéteau
Antarctopelta oliveroi. Cet ankylosaure est le premier dinosaure découvert en Antarctique. Il vivait au Crétacé il y a 70 millions d’années.
© Alain Bénéteau
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Paleospace de Villers sur Mer

J’ai eu le plaisir de travailler avec le Paleospace de Villers sur Mer dans le Calvados au cours de ces deux dernières années. C’est un magnifique espace de culture scientifique ouvert depuis le printemps 2011. Une belle initiative régionale qui permet de mettre en valeur le fameux patrimoine paléontologique Normand, et ceci à deux pas des falaises argileuses des Vaches Noires entre Houlgate et Villers, où de nombreux restes fossiles ont été découverts. Le paleospace propose de nombreuses activités à découvrir sur leur site. Voici différentes étapes de quelques travaux réalisés, du croquis à l’image finale. – Apparition de la vie, 3,45 milliards d’années (référence, Pilbara en Australie), cyanobactéries et stromatolites, intense activité volcanique et électrique et bombardement météoritique résiduel. Le croquis.
© Alain Bénéteau
L’image finale.
© Alain Bénéteau
– Premiers multicellulaires, 2,1 milliards d’années (référence, les fossiles de Franceville au Gabon). Cette image représente la toute première reconstitution jamais réalisée de ces mystérieux organismes. Ayant l’habitude de travailler des vertébrés, c’était assez inhabituel à imaginer, malgré les structures très bien conservées de ces organismes fossiles. Le croquis.
© Alain Bénéteau
L’image finale.
© Alain Bénéteau
Cette première version en couleur a été réalisée sans conseil scientifique. Mais j’ai eu l’occasion de reprendre cette scène pour une publication officielle dans le magazine Pour la Science n° 413 en mars 2012 sous la direction des découvreurs, avec de nouvelles informations sur l’environnement global du site telles que la presence de stromatolites, les structures du fond sableux, les courants… Bref, une plongée aux origines du monde. Deuxième version couleur.
© Alain Bénéteau
– Premiers poissons, 450 millions d’années, Ordovicien. Ces Ostracodermes, sans mâchoires, représentent les premiers organismes vertébrés des océans. Le croquis.
© Alain Bénéteau
L’image finale.
© Alain Bénéteau
Ces poissons m’évoquent plus des engins spatiaux que des animaux. 🙂
– Océan du Jurassique, 160 millions d’années. Une scène représentative des espèces qui peuplaient ces mers chaudes dont la Normandie a gardé des traces fossiles remarquables. Plésiosaures, Ichtyosaures, bélemnites…
Le croquis.
© Alain Bénéteau
L’image finale.
© Alain Bénéteau
– Océan du Jurassique, 160 millions d’années. Cette fois pour illustrer un des specimens exposés au Paleospace, l’Ophtalmosaurus, tout en dévoilant une côte peuplée de dinosaures tel que ce Mégalosauridé appelé Dubreuillosaurus, et qui figure parmi les plus belles découvertes normandes.
Le croquis.
© Alain Bénéteau
L’image finale.
© Alain Bénéteau
– Extinction Crétacé-Tertiaire, 65 millions d’années. Une première proposition avec une vue de l’impact du Chicxulub.
Le premier croquis.
© Alain Bénéteau
Nous avons ensuite revu entièrement la scène pour une vision après l’impact.
Deuxième croquis.
© Alain Bénéteau
L’image finale.
© Alain Bénéteau
Notez qu’entre le croquis validé et l’image finale, je rectifie beaucoup de détails dans la composition, j’essaie d’optimiser la dynamique et la lisibilité au fur et à mesure du travail. Des dizaines de croquis sont nécessaires avant de trouver la bonne disposition. L’étape numérique ne tiens la route que grâce au dessin d’origine. On a beau travailler avec des outils exceptionnels comme la tablette numérique et Photoshop, l’essentiel c’est le dessin. Il est la projection la plus spontanée d’une image mentale ou d’un sujet. 
Beaucoup pensent que le travail est devenu facile grâce au numérique. Cela nous donne une grande souplesse dans la production et une marge de correction et de manipulation géniale, mais tout ceci ne vaut rien sans une bonne base traditionnelle.
Voici pour cette petite sélection d’images originales réalisées pour le Paleospace. Il y en a eu beaucoup d’autres mais ce sont des réutilisations d’images de mon fond. Mon prochain post parlera de mon travail sur leur exposition temporaire de cette année qui accueille de magnifiques specimens du crétacé supérieur des États-Unis.
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La Terre avant les dinosaures

Rien de mieux qu’un peu de shameless self promotion pour démarrer ce blog. Déjà 3 ans que notre ouvrage La Terre avant les Dinosaures aux éditions Belin (écrit par Sébastien Steyer et illustré par mes soins) a vu le jour et que son succès a dépassé toutes nos attentes.
C’est le fruit du travail acharné de mon ami Sébastien Steyer, paléontologue au CNRS, de ses découvertes dans le monde entier et de sa passion pour la vulgarisation. Des années d’écriture, des années de dessins et de collaboration et un superbe travail d’édition de Stephane Frey, éditeur aussi consciencieux que prolifique du service scientifique des éditions Belin. Nous en sommes à ce jour à pas loin de 7000 exemplaires vendus (hors traductions), une vingtaine de conférences dans toute la France et toujours le même plaisir à partager avec le public. La dernière traduction en date, et pas la moindre, est la version anglaise qui vient de paraître chez IndianaPress aux États-Unis. On est juste, l’auteur et moi-même, super fiers d’être publiés chez ce prestigieux éditeur, un des plus prolifiques en paléontologie avec sa fameuse série Life of the Past. Notre ouvrage vient désormais côtoyer ceux illustrés par mes idoles comme Douglas Henderson et bien d’autres. Je ne peux m’empêcher de penser à mes jeunes années passées à compulser fiévreusement la fameuse encyclopédie de la préhistoire de Zdenek Burian, de l’admiration que je pouvais porter à son travail et du rêve de pouvoir un jour, à mon tour, illustrer ces mondes perdus.
Je réalise le chemin tortueux parcouru pour en arriver à ces lignes, à ma chance de pouvoir le faire et le partager, à cet écho provenant de mon enfance que j’ai su ne pas ignorer ou oublier dans les difficultés de la vie, et aussi au travail incessant nécessaire à toute réussite. Lire la suite