Platynereis dumerilii, vous prendrez bien un petit ver

Doit-on vulgariser son propre travail? Voilà une question qui m’a occupé l’esprit pendant de longues semaines (ouais je sais c’est un peu bidon comme excuse pour n’avoir pas posté depuis des mois). J’étais tiraillé entre la facilité de parler d’un sujet dans lequel je baigne depuis maintenant plus de deux ans et la crainte de m’exposer personnellement au jugement impitoyable de la plebs interneti. Si parler du travail d’autrui peut représenter un réel challenge intellectuel, cela ne comporte finalement que peu d’enjeux, au sens où, si le billet ne plait pas, on peut facilement prendre un peu d’élan et revenir se jeter dans l’arène avec un nouveau sujet. A l’inverse parler de soi c’est prendre un vrai risque, car lorsque l’on déçoit, il n’existe pas de sujet de rechange sur lequel on puisse rebondir. Et il n’y a bien entendu pas grand chose de pire pour un thésard (par définition fébrile et angoissé par son travail) que de se faire conspuer par une foule anonyme. Seulement, comme l’a fait Taupo avant moi, j’ai décidé de franchir le cordon de sécurité et de transgresser cette règle tacite de la vulgarisation (qu’on pourrait formuler comme suit: “chier le monde avec ta vie d’apprenti biologiste tu ne fera point”). Mais pour y apporter une touche véritablement personnelle, j’ai aussi décidé de le faire par le biais d’un autre média que celui auquel vous êtes habitués sur ce blog. Pas de texte (hormis celui que vous êtes en train de lire), pas de photos, pas de vidéos strange et funky… aujourd’hui vous avez le droit à une bande dessinée, faite maison, avec mes propres petits doigts et mettant en scène ma propre petite personne. Une BD tournée intégralement dans les locaux d’un authentique centre de recherche parisien. Cerise sur le gâteau, elle coïncide quasi-parfaitement à la réalité puisqu’au moment même où vous allez la lire, je serai probablement en train de m’occuper de vrais élèves de terminale Scientifique, venus visiter mon laboratoire pour la fête de la science. Alors, il est pas aux petits oignons le Vran? (Les images affichées ci dessous ne sont que des miniatures, n’hésitez pas à cliquer dessus pour accéder aux planches taille réelles pour plus de lisibilité)

 

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Voilà, maintenant vous en savez un peu plus sur moi et sur ce qui me pousse à vous parler de science quand mon labo m’en laisse le temps. J’espère que vous avez apprécié cette première incursion dans le monde de la BD (qui il faut l’avouer, est l’un des rares trucs sur terre à être plus cool que la science) et j’en profite pour créditer/remercier Sted et Lucile sans qui ces 4 planches seraient aussi excitantes qu’un dimanche matin sur FranceTélé. A la prochaine!

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