Fiche de synthèse PPAM : Thym commun

Bonjour à tous,

Aujourd’hui un contenu un peu différent de ce à quoi je vous ai habitué, mais pour une fois 100% agro avec des ITK et tout le bordel. Je suis en train de travailler sur des fiches de synthèse concernant différentes espèces de plantes à parfum aromatiques et médicinales (PPAM). Aujourd’hui, tout pour produire, transformer et utiliser le Thym commun Thymus vulgaris L.

Bonne lecture ! :)

Taxonomie

Genre Thymus, famille des Lamiacées. Environ 350-400 espèces et variétés composent le genre Thymus, dont l’identification est peu aisée. On s’intéressera ici surtout au groupe représenté par le thym commun Thymus vulgaris L. et ses apparentés (espèces, variétés, hybrides) au port dressé, et non au groupe formé par le thym serpolet Thymus serpyllum, dit « thym sauvage » et ses apparentés au port rampant. Egalement membres du genre Thymus, ces derniers possèdent des usages comparables bien qu’ayant des arômes plus doux.

Description

Le thym commun Thymus vulgaris est un sous-arbrisseau pouvant atteindre 40 cm de hauteur. Tige tortueuse, très ramifiée, ligneuse dans sa partie inférieure. Feuilles petites, étroites, sessiles, roulées sur les bords, parfumées et de couleur vert bleu ou gris selon la saison et la variété. Les fleurs blanches à rosées à corolle bilabiées sont réunies en épis à l’extrémité des branches, et épanouies de mai à août.

Variétés et apparentés

Thym argenté Thymus vulgaris « silver posie » ou « Argenteus » : feuilles marbrées d’argent, saveur de thym modérée, les feuilles méritent d’être écrasées pour libérer tout leur arôme ; Thymus pulegioides : rustique, buissonnant, feuilles larges, fleurs rose mauve ; Thymus nitidus (syn T. richardii) : petite plante à feuilles étroites vert vif, fleurs pourpre pâle ; Thym orange Thymus x citriodorus « fragrantissimus » : 40cm, fleurs lilas pâle, feuilles gris-bleu, douces et fruitées, parfum d’orange épicée ; Thym citron Thymus x citriodorus : hybride au parfum de citron, fleurs lilas pale ; Thym citron « silver queen » Thymus x citriodorus « silver queen » : feuilles crème à argent, en hiver, bourgeons terminaux roses ; Thymus odoratissimus (syn. T. pallasianus) : longues branches lâches et molles, feuilles douces et citronnées, fleurs roses à calice pourpre. Le thym dit « maraicher » est un type issu de travaux de sélection, caractérisé par une grande productivité, des feuilles vertes et beaucoup plus longues et larges, et un arome moins puissant. Bien que les principes actifs varient en fonction de l’espèce et de la variété, mais également de l’emplacement et de l’exposition au soleil, la pharmacologie utilise une classification en 6 chémotypes, basée sur les composants majoritaires de l’huile essentielle : géraniol, linalol, terpineol, carvacrol, thymol, thujanol-4/terpineol-4.

Habitat et type de sol

Croit spontanément dans la garrigue et prés pauvres, coteaux arides, lieux rocailleux, se cultive en grande abondance jusqu’à 1500 m d’altitude. Sols calcaires, siliceux, arides, frais, légers, humifères, bien drainés. Les thyms redoutent les hivers humides et l’eau stagnante. Exposition plein soleil.

Maladies et ravageurs

Chenilles de noctuelles Emmelia traebaelis, larves de sésie Tinthia teneiformis qui perforent les tiges, piqures de cicadelles Eupteryx aurata, E. alticola et Emelyanoviana mollicula, punaises, thrips, lépidoptères Tortrix pronubana, géomètres, pyrales, altises, pucerons Myzus ornatus Laing., Kaltebachiella pallida, autres insectes tels que les genres Zygaena et Acidalia, Pyrausta aurata, P. purpuralis, P. sanguinalis et leurs chenilles, larves d’Arima marginata, escargots, maladies cryptogamiques Alternaria oleracera, Puccinia caulincola et P. menthae, Aecidium thymi, Thielavia microspora, dépérissement des plants clonés. Attention, la cuscute peut être apportée par le semis, rester vigilent.

Itinéraire technique

Semis. Compter 3 à 5 g de graines à l’are. Semer en caissettes ou sur mini mottes en mars-avril, support fin et bien drainé, sous abri à 20°C. Damer légèrement la terre avant semis et couvrir d’un peu de compost. Le délai de germination peut aller de 5 jours à un mois, en fonction des sources : deux semaines semble un intermédiaire plausible. Arrosez les plantules avec parcimonie, toujours par le bas, étant sensibles à la fonte des semis. Repiquage après 8 à 10 semaines, et une plantation définitive au printemps suivant.

Multiplication. Boutures, éclats de souche, et division permettent d’obtenir des pieds à partir d’une bonne plante mère. Prélevez les boutures sur les nouvelles pousses ou les bois tendres avant la floraison en fin de printemps, ou à l’automne. Hivernez les dernières boutures sous châssis froid. Les touffes bien établies (3 à 4 ans) doivent être divisées en fin de printemps en climat froid et humide, en automne en climat chaud et sec. La touffe doit être arrachée, et des morceaux pourvus de 6 à 12 brins séparés, en prenant soin de bien déchirer la souche. Replanter en enterrant toutes les parties qui ne portent pas de feuilles. Bien tasser la terre au pied et irriguer si besoin, et ce jusqu’au milieu de l’été.

Plantation. Pour les climats très chauds, plantation sous une ombre partielle. La plantation a lieu d’avril à mai ou d’aout à septembre. Les espacements sont de 20 à 40 cm sur le rang et 1,5 à 2 m entre les rangs selon les largeurs d’outil tracteur, 60 cm étant une largeur minimale pour les passages de cueillette. Soit une densité moyenne de 20 000 plantes/ha. Le thym peut rester en place pendant 6 ans.

Entretien. Désherber fréquemment ou pailler en sol très sec, lorsque les plantes sont jeunes. Lorsqu’elles sont adultes, il suffit de désherber avant la récolte. Irriguer seulement lors de la reprise ou en cas de sécheresse exceptionnelle. Si les récoltes sont espacées, tailler régulièrement en enlevant 10 à 15 cm de feuillage. Au printemps, tailler légèrement pour favoriser l’émission de jeunes pousses à l’arôme plus puissant, puis de nouveau après la floraison en fin d’été pour empêcher les plantes de devenir trop ligneuse ou éparpillée.

Récolte. La cueillette des feuilles peut se faire toute l’année pour un usage culinaire, et en début de floraison pour un usage médicinal. La récolte des sommités fleuries est recommandée en début de floraison lorsqu’elles sont particulièrement riches en principes actifs. Récolter à la faucille deux tiers de la repousse vers mars/avril et en fin d’automne. Déposer la récolte sur des draps et amener au fur et à mesure au séchoir.

Séchage. Le thym sèche facilement, sous réserve d’une bonne ventilation et de l’obscurité. Le séchage peut se faire sur canisses, dans ce cas, tendre des draps en dessous pour éviter des pertes de feuilles lors du séchage. Compter 3 à 7 jours de temps de séchage. Pour 1 kg de produit sec, compter 6,5-8kg de plante fraîche. On peut étaler jusqu’à 4 kg de plante fraîche par m², mais plus la couche est mince, plus la plante sèche vite.

Tri. C’est un poste important pour le thym. Battre dès que les feuilles sont bien sèches (ou rouler pour de petites quantités), puis trier à l’aide d’un sasseur ou de plusieurs tamis. Ventiler pour enlever les poussières.

Transformation et utilisation

Partie utilisée et usages. Sommité fleurie, feuilles, branche complète. Usage direct en aromate, infusion, macérat, huile essentielle (bain, savon, parfumerie, lotions, bains de bouche).

Propriétés. Bactéricide, antiviral, antifongique, expectorant, digestif par action antispasmodique sur l’intestin analogue à la papavérine (Bézanger-Beauquesne), immuno-stimulant. En usage externe, « tonique nerveux » qui lutte contre la dépression, le rhume et les difficultés respiratoires, et les douleurs musculaires. Certains auteurs lui accordent un rôle dans la désintoxication alcoolique (Annie Schneider). Les propriétés majeures diffèrent en fonction des différents chémotypes :

  • Le thym à thymol s’utilise en cas de fatigue générale, est un anti-infectieux et s’utilise dans le traitement de l’asthme, des dermites irritatives et de la couperose.
  • Le thym à géraniol est un antifongique, un antiviral et un antibactérien. C’est également un cardiotonique. Il s’utilise en cas de bronchite et d’entérite virale. Il est aussi utilisé dans les accouchements.
  • Le thym à linalol, est quant à lui, un antifongique dans les cas d’infection par Candida albicans. C’est également un vermifuge. De par sa moindre agressivité, ce chémotype est préféré pour les traitements concernant les enfants.
  • Le thym à paracymène est un antalgique s’utilisant principalement dans le traitement des rhumatismes et de l’arthrose.
  • Le thym à thujanol est un bactéricide (en particulier dans le cas de chlamydia) ainsi qu’un viricide.

Indications. Etats fébriles et grippaux, infections intestinales et urinaires, infections ORL et bronchiques, asthme, asthénie physique et psychique.

Constituants principaux. Huile essentielle à forte teneurs en phénols (dominante thymol, carvacrol, linalol, également cinéol, boméol), flavonoïdes (apigénine, lutéoline), acides phénols (rosmarinique et caféique), saponines à propriété antibiotique (n-triacontane). Nombreux minéraux et éléments-traces dont lithium, aluminium, calcium.

Toxicité et précautions d’emploi. Eviter un usage prolongé et un surdosage, les phénols étant hépatotoxiques. Contre-indiqué en cas de grossesse, d’allaitement et pour les jeunes enfants.l’huile essentielle de thym contient des phénols hépatotoxiques. 15 mL sont mortels pour un adulte, et en fonction des chémotypes et distillats, certaines huiles essentielles sont dermocaustiques. Respecter les précautions d’usage.

Formes d’emploi

  • Evaporation : 1 goutte d’huile essentielle 4 à 5 fois par jour pour ambiance olfactive, pas d’utilisation prolongée en diffusion atmosphérique, pas d’utilisation en inhalation.
  • Utilisation cutanée : 2 à 3 gouttes en dilution maximale à 5% dans une huile végétale, sur la zone à traiter.
  • Prise orale : uniquement sur avis officinal ou médical, 1 goutte par jour diluée dans une huile végétale en mélange avec de l’huile essentielle de citronnier. Poudre totale de sommités fleuries : 325 mg/gélule, 1 gélule 3x/jour avant les repas.
  • Infusion : 15g/L de branches avec sommités fleuries. Porter l’eau à ébullition, laisser infuser 10 minutes. 3-4 tasses par jour pour les affections bronchiques ou digestives. Variante en infusion composée : 20 g d’un mélange thym-menthe-réglisse, 2 tasses par jour pour indigestion et flatulences.
  • Limonade de thym : remplir une bouteille de rameaux avec sommités fleuries, recouvrir d’eau de source, laisser infuser en plein soleil pendant 3 à 4 jours. filtrer, ajouter un peu de sucre suivant votre goût. Bien mélanger et conserver au frais.
  • Sirop de thym : 2 grosses poignées de thym (en grammes ?), 1 L d’eau, 1 kg de sucre. Verser l’eau bouillante sur le thym et laisser infuser à couvert pendant toute une journée. Filtrer, ajouter le sucre et faire cuire à petit feu pendant 20-30 minutes. Vérifier la consistance du sirop. Conserver au frais ou stériliser pendant 20 minutes.
  • Apéritif au thym : 40 g de thym, 1 L de vin blanc sec et miel liquide à volonté. Faire macérer le thym dans le vin blanc pendant 10 à 15 jours, filtrer, ajouter miel suivant gout, bien mélanger et mettre en bouteille pour conserver 2 à 3 mois avant dégustation.
  • Liqueur : faire macérer pendant 10 à 15 jours un bouquet de thym en fleur dans 500mL d’alcool à fort titrage, idéalement 90°. Quand la solution commence à virer du vert au jaune brun, filtrer. Mélanger a un sirop obtenu par fonte à chaud de 200 g de sucre dans 500 mL d’eau. Un verre a liqueur 2 fois par jour.

Bibliographie

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  • Avramov, Y. (2006) Ces précieuses plantes de méditerranée, Ed. Edisud, Coll. Je choisis le naturel !
  • Bremness L. (2005) Plantes aromatiques et médicinales, Ed. Larousse, Coll. L’œil nature
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  • Fabiani G. (2006) Elixirs et boissons retrouvés, Ed. Equinoxe, Coll. Carrés gourmands
  • Galibert D. (2013) Bien être et santé – tout savoir sur les plantes et les huiles essentielles
  • Gerbranda W. (2004) La culture des plantes aromatiques et médicinales en bio, Ed. Editions du Fraysse
  • Guillet D. (2012) Semences de Kokopelli
  • Künkele U., Lohmeyer T. R. (2007) Plantes médicinales – Identification, récolte, propriétés et emplois, Ed. Parragon Books
  • McVicar J. (2006) Le grand livre des herbes, Ed. De Borée
  • Paume M.-C. (2007) Sauvages et médicinales – Plantes remèdes pour nos petits maux, Ed. Edisud, Coll. Je choisis le naturel !
  • Schall S. (2014) Mon jardin de plantes médicinales – Comment les cultiver, les conserver, les utiliser, Ed. Larousse

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